La Prière et la Méditation. Partage 5. tiré du document : Rappel du But Originel
Partage 5
La Prière et la Méditation
La Prière et la Méditation sont les divines floraisons de l’âme.
Visiteur. Bonjour Amano, je suis ravi de te retrouver en pleine forme. Il y a longtemps que j'attendais cette nouvelle rencontre. Que s’est-il passé pendant ces deux bonnes années où je ne t’ai pas vu ?
Amano. Je suis aussi heureux que toi de te revoir ici. Ce qui s’est passé depuis notre dernière rencontre ! Ben Rien ! Je suis resté tel que tu m’as laissé en ton esprit. Aujourd’hui tu me remets en action pour vivre ce nouveau partage (rires). Le temps, l'espace et la distance ne séparent pas Ce qui est toujours Là.
Oui, nous ne sommes pas séparés. J'ai longuement réfléchis sur notre dernier partage concernant la méditation et les techniques méditatives. Mais quelques questions méritent quelques réponses. Y aurait-t-il une technique méditative particulière qui me conviendrait et que je pourrais adopter quelques temps pour apprendre à mieux me connaître. Je ressens le besoin de retrait car même quand je suis tranquille, je vois bien qu’à l’intérieur de mon crâne, l’araignée psychique tisse toujours sa toile !
Quelle que soit la météorologie : soleil, pluie, vent ou neige, la Voûte Céleste reste intacte avant, pendant et après chaque humeur du temps climatique. Tu es cette Voûte Céleste imperturbable. Tu as seulement adopté la tendance déviante et cela comme presque tout le monde, de te perdre en tout ce qui se meut dessus. Si tu vois clairement ce qui se passe en toi et autour de toi sans te laisser prendre au jeu du mental, c’est que tu es déjà placé avant ce qui est vu et entendu. C’est un fait naturel à prendre en considération. Ta perception du moment est alors synonyme de témoignage neutre, de non savoir, d'innocence pure, ni plus ni moins. Les pensées qui traversent ton écran psychique ne sont pas toi ni tiennes. Ça tu l'as bien compris. Tu sais à présent qu'elles t’arrivent et te quittent aussitôt, c’est leur nature propre. Elles sont aussi la preuve qu’elles ne sont en toi qu’éphémères et simplement de passage comme un train de marchandises en marche lente.
Oui, je m'en souviens. Cela me fait du bien de l'entendre à nouveau et de me remettre sur les bons rails.
Bien. L’autre fois, nous avons observé qu’absolument rien ne peut nous appartenir de droit en ce monde. Tout ne fait que transiter, se modifier et défiler sans cesse sur ta psyché pour s’évanouir dans la mémoire. Si tu acceptes aujourd'hui ce fait peu remarqué sans l’analyser ni t'efforcer, il n’y a aucune difficulté à comprendre que tu ne peux être ceci. Et donc, que le Je suis S précède tout cela. Tu n’as vraiment aucune raison particulière de t’inquiéter du processus de la Conscience Divine. Autrement dit : Chercher une technique spéciale pour l’admettre, le comprendre et le vivre t'en éloigne. Nous avons parlé aussi de Ce que tous nous sommes, le Soi Lumineux, le Je Impersonnel ou la Source de Vie Neutre. Et que pour Le réaliser simplement à chaque instant, il était indispensable de se détourner de tout ce qui l'entrave, l’abîme et tente de l'éteindre. La Lumière est en toi. Les ténèbres peuvent la couvrir, mais elles ne peuvent l'éteindre et aussi Ceux qui cherchent la lumière se couvrent simplement les yeux nous dit Un Cours en Miracles. Le Soi Divin ou JE Absolu que Tous Nous Sommes se déploie naturellement et de par Lui-même. Nous le Reconnaissons pour Tel quand nous sommes inconditionnellement présents à nous-mêmes sans aucune modification psychologique. Pour comprendre ceci, rien d'autre n'est nécessaire ni à faire. Toutes les choses ou situations se mettent alors en place d’elles-mêmes, à leurs propres rythmes et tranquillement par la Conscience Immortelle qui nous Vit et que Nous Sommes réellement au-delà de la mentalisation.
Je veux bien l'admettre mais je n'en suis pas encore là ! Je pense que ceci viendra en son temps.
C'est ce qui te paraît ce jour car tu n'en es pas vraiment conscient. D'où la pensée d'une réalisation à venir. Le mental pensant retarde toujours le chercheur dans la découverte instantanée du Soi Divin. Il masque le Présent en imaginant le futur à partir du passé. Oubliant que tout est déjà Là Ici dans le Maintenant.
Je vois !
Si tu vois réellement, tu n'as besoin de rien d'autre. Voir au Présent est naturel, spontané. Ce qui ne l'est pas, c'est penser ou croire voir. Ce qui ne se peut que d'après les références entretenues mais mortes. Tu vois toujours avant de penser ou de croire, c'est l'évidence même. Aucune méthode spécifique ne peut te faire comprendre cela. Il te suffit juste d'arrêter le temps en toi pour vérifier ce simple Fait au Présent. Ce qui te permettra aussi de voir ton vagabondage mental qui t'empêche de saisir ce Moment Plein à vivre. Un faire particulier cache souvent un désir personnel pour obtenir un gain ou autre chose. Ce qui ne peut venir que du passé périmé qui contraint toujours l'esprit en vue d'améliorer un soi-disant futur. Tu n'as pas non plus à endurer en souffrance en passant par des techniques plus ou moins contraignantes. Ce qui est inutile pour admettre que Tout se vit dans l'ici-même. Le but comme nous l’avons maintes fois répété, est Simplement Etre en constatant avec lucidité que tu es déjà. Rien n’est à faire ni à conquérir pour Etre. C’est facile à saisir si tu comprends que tu ne peux pas être autre que toi-même et que rien n'a d'existence si tu n'es pas là. Seulement le Soi te semble inatteignable tant tu es trop peu attentif à ta nature propre de témoin conscient. Tant que tu te disperses dans les interprétations mentales erronées qui sont placées devant toi en tant qu’objets attractifs, idées et autres concepts, il te sera impossible de te rendre compte que tu es avant tout cela et que tu ne te vis qu'au Présent sans compromis. Etre conscient ou vigilant face à tout ce qui voyage dans sa tête comme dans son propre espace sans se laisser influencer ni happer par ces événements fugitifs, nous montre que tout ce qui semble vrai et palpable ne l’est pas forcément.
Ce que tu dis me parle. Mais c’est pour me rendre réellement compte que je ne suis rien d’autre que Ce Je Suis Impersonnel au-delà de l'idée d'être ou pas, que je te demande une technique appropriée !
Je comprends ta demande mentale mais elle est quelque peu infantile. C’est pourquoi je te répète qu'avant que quoi que ce soit n’apparaisse ou ne se fasse, il est indispensable de comprendre que cela ne se peut sans un regard témoin neutre qui le précède. Demander de te rendre compte que tu existes équivaut à croire qu'un poisson doit apprendre à nager. Encore une fois demande-toi : Si je ne suis pas là, où est le reste ? C'est une question que peu se posent car elle détient la Juste Réponse. Peu comprennent qu'ils passent obligatoirement avant tout le reste puisque ce Fait détruit tout le système mental inculqué et ses pensées désordonnées. Qu’est-ce qui te pousse constamment à douter de toi en cherchant une technique particulière afin de retarder l’évidence d’être simplement Ce que tu es déjà ? Accepte seulement d'être Ce que tu Es. Ton ego tentera toujours et en vain de contrecarrer l'inévitable. Retire ce faux pouvoir que tu lui donnes. Mais je vois à ton regard que cela n’est pas réellement admis, reconnu ni accueilli comme allant de soi.
Alors voici une méthode simple peu contraignante que je peux te suggérer. N’en fais surtout pas un but définitif ni une nouvelle méditation attractive et répétitive. Ce n'est qu'un moyen utile à courte durée. Il existe plusieurs techniques méditatives d’approche pour s'observer intérieurement et extérieurement sans trop d'effort. Il y en a une parfaitement étudiée qui peut te convenir sans te perdre continuellement dans les idées séparatives. Elle est préconisée par le Maître Goenka sous le nom de Méditation Vipassana. Elle offre un retrait silencieux de dix jours pleins. Ce retrait en solitaire parmi d’autres méditants qui se doivent aussi de rester en silence, permet une détente légère et un regard plus aiguisé sur soi, loin de ta vie active et ses compromissions. Dans ces centres spécifiques qui prônent cette technique méditative douce, tu n’as aucun souci du quotidien. Les résidents attentionnés prennent soin des méditants de façon à ce qu'ils ne s'occupent que d'eux-mêmes. Si ton attention est vraiment assidue sur ce qui se passe en toi et autour de toi pendant cette expérience exploratrice de quelques jours, ceci te conviera même brièvement à percevoir Ce qui se Vit, accompagné par le sens de l’équanimité, de l'équilibre, du service naturel et du partage désintéressé. Cette pratique méditative de qualité où tu restes assis silencieusement te permettra aussi d’observer attentivement la nature complexe du mental. Tu découvriras si tu es attentif bien sûr, ses déséquilibres, ses dysfonctions, ses frustrations, ses désirs, ses peurs, ses illusions, ses attentes et même ses limites. Tu ressentiras profondément par la respiration consciente les blessures psychiques du passé accumulées lors de ton parcours expérimental. Tu pourras ainsi remédier aux sensations physiques transitoires et douloureuses qui en sont les conséquences. Tu témoigneras de ton propre comportement pas toujours agréable. Et pour accompagnement, tu recevras tous les soirs pendant une bonne heure par le biais d’un enregistrement sonore, une belle dose de l’Enseignement affûté de Gautama Le Bouddha et plus encore selon ton ouverture à la présence du moment. Elle s'apparente à la douce Méditation Zazen.
Oui, cette méditation à l'air très convenable pour mon cas. L’as-tu pratiqué pour me la suggérer !
Oui, je ne peux parler que de ce que je connais. Sinon cela reste au niveau théorique et de peu d’intérêt.
Et alors que s’est-il passé pour toi ?
Le Sens naturel de la Vie étant déjà reconnu, cette aventure méditative me procura un bien être vaquant dans un jardin familier. Une remise à jour des expériences accumulées. Un retour vigilant sur un passé périmé sans en être pour autant troublé. N’oublie pas, la Rencontre Intérieure est semblable à une gomme magique qui efface toute recherche, toute question, tout besoin, tout attachement et toute attente. Elle débouche ainsi sur le Je ne sais pas et je n'ai besoin de rien de plus pour être Ce que je suis de toute évidence. La Présence ou Témoin Neutre reste inébranlable avant, pendant et après l’acte quel qu’il soit.
Je pense que cette expérience méditative se fera, je note. Une autre question. Y a-t-il une réelle différence entre la prière et la méditation ? D'après mes lectures, le méditant se concentre généralement sur lui en quête du Réel. Le prieur lui, se voue à un Etre supérieur, un Dieu qu’il soit imaginé en lui ou ailleurs. Quel sens donnes-tu à la prière comme à celui de la méditation ? Les deux sont-elles intimement reliées ?
Au final, la prière et la méditation se rejoignent dans l’Unité Indivise qui réside au-delà des deux, vu qu’en vérité, il n’y a qu’Elle. La prière prend une direction, la méditation une autre. Mais le Sommet lui, reste toujours le même : Ce que Tu Es Impersonnellement, libre de tout ce que tu crois ou penses être toi.
D'accord. Commence par la Prière.
Subjectivement, nous ne prions que soi-même. Objectivement, nous croyons en avoir le besoin. Nous imaginons un Dieu extériorisé qui attend patiemment que nous le mettions en scène pour le prier. Tout ceci se passe nulle part ailleurs que dans nos têtes. Que devient ce Dieu sans d'abord y être ? Si nous n'en témoignons pas, qu'en est-il de Lui ? Et si Dieu Seul Est, a-t-il réellement besoin de se prier lui-même ?
Oui, c'est nous qui mentalement pensons que Dieu est comme ceci ou comme cela selon nos croyances.
Exactement. Nous façonnons un Dieu à la mesure de notre coupe mentale sans comprendre d'où cette façon de penser provient et procède. Et comme la majorité des esprits humains adopte inconsciemment ce processus, ils en font un nombre incalculable de croyances diverses qui séparent plus qu'elles unissent. C'est ainsi que se perd sans s'en rendre compte la réflexion vérificatrice ou le juste discernement. Suivre un courant de la pensée par croyance nous éloigne de l'interrogation sur soi et de l'opportunité toujours offerte de nous connaître réellement au-delà de ce courant conditionnel qui nous divise les uns, les autres. Il en est de même avec le sens que nous donnons à la prière ou celui que nous donnons à la méditation.
La Vraie Prière est une communion sincère avec soi-même en relation étroite avec la Vie Une et Libre. Elle est dépourvue de but égoïste, d'attente et d'attachement personnel. Elle s'opère dans la neutralité. Ou alors, elle devient une banale supplique intentionnelle. Dans le premier cas, elle est contemplation sans intention, un dévouement total à son Ciel intérieur infini. Elle est une action saine et réelle qui Unit lumineusement l’acteur à l’Auteur en soi. Dans le second cas, elle est un besoin mental particulier qui cherche pleine satisfaction. Elle devient ainsi l’objet d’une croyance en ceci ou en cela. La prière pour satisfaire un désir montre surtout un manque de confiance en soi, de clarté naturelle et de pur réalisme. La prière tirée d'une croyance particulière se teinte d'idéologies mesquines et souvent orgueilleuses. Elle ne s’exprime en tout et pour tout que par intérêt. La Vraie Prière est une affaire de cœur à cœur, de l’amour reçu à l’amour donné, cela infiniment. La Prière est l’élan du cœur qui respire la paix en l’offrant. Cette saine prière est avant tout un remerciement au privilège d’exister. Au fait lumineux de respirer, de voir, de découvrir, d’apprécier ce qui est en nous et tout autour de nous avec joie, émerveillement et respect. La Prière sincère ne sépare pas Dieu la Vie du prieur fervent. Bien que celui-ci a tendance à extérioriser son Dieu pour l'honorer tel un fils honore son bon Père en qui il a mis toute sa confiance. Pour ce prieur, la prière est un dialogue intime entre lui et Dieu, entre Dieu et lui, les soudant tout deux comme deux mains se rejoignent pour s'unir. La prière du cœur n’a pas besoin de grands mots pompeux appris dans des livres de messe pour être psalmodiés continuellement. La prière est une relation vivante, franche et non une litanie. Elle ne se nourrit que de Paix et de silence naturels, ceci à tout moment. La prière ne soutient pas les délires idéalistes malsains de ceux qui prient sous le joug de dogmes religieux trop souvent sélectifs, punitifs et bien assez meurtriers. La Véritable Prière Célèbre la Vie offerte à chaque instant. Alors que la supplique intentionnelle aussi nommée prière n’est qu’un acte mental en vue de quelque chose qui correspond à l'attente du quémandeur. Ce n'est finalement que de la mendicité spirituelle qui sépare mentalement ce qui n’a pas besoin de l’être afin d’obtenir à tous prix ce qui en définitive ne s'obtient pas.
Oui, c'est clair. La prière dite supplique est un acte mental intentionnel qui sépare !
Oui. La prière qui reste au niveau cérébral éloigne le prieur de lui-même et de Ce qu'il est en amont. Ce n’est qu’un acte mental mesquin qui aveugle le dit prieur. Cet acte inconscient lui fait croire que sa recherche individuelle de bienfaits est à l’extérieur de lui-même. Et qu'un jour ou l'autre, il obtiendra pleine satisfaction, ceci au travers d’objets, d’une atteinte idéaliste, d’efforts inconsidérés, de sacrifices insoutenables ou de volontés incohérentes nourries de promesses mirobolantes et d’espoirs fictifs. Celui qui prie dans l’intention d’obtenir la reconnaissance suprême, le salut divin ou autre gain lumineux, pense que ses suppliques répétitives envers un dieu imaginé lui ôteront ainsi quelques fautes commises. Qu’il recevra les doux fruits de sa demande tout en étant blanchi comme neige. Bien sûr, tout ceci n'est qu'un leurre qui le détourne continuellement de ce qu’il est intérieurement au-delà de l’idée enregistrée sur lui-même. La prière ritualisée inculquée depuis x temps n’est qu’une machination psychique insane. Celle-ci affirme que l’homme est coupable, qu'il n'est qu'un pêcheur devant l’Eternel. Qu'il n'est là que pour payer chèrement ses fautes ou bien celles d'autrui pour trouver la rédemption. Qu’il n'est là pour accomplir sa mission de vie que par le biais de souffrances amères et de sacrifices inutiles afin d’obtenir la récompense bien méritée. Ce genre de prière imposée égoïquement est un moyen judicieux d’endormir par le credo, la superstition et le rituel, les chercheurs les plus fragilisés, les plus naïfs et les plus désorientés. Tout ce fatras psychique n'est là que pour les réduire à la servitude psychologique. La Prière véritable est tout autre. Elle est une affaire intérieure saine au-delà d’un mental espiègle perdu dans le monde des objets, de l'avoir, du devenir et de l’envie. La prière véritable est un dévouement sincère. Elle est un élan actif qui pousse le prieur à suivre dans une foi parfaite la voie naturelle de son cœur.
Un petit conte de Belgique donne le véritable sens de la prière qui vient d'un cœur pur et sincère. Le voici.
Le Vieux Simon
Un pasteur anglais assez soucieux disait un soir au sacristain de son église : Avez-vous remarqué ce vieil homme aux habits râpés qui, chaque jour vers midi entre dans l'église et en ressort presque aussitôt ? Je le surveille par la fenêtre du Presbytère. Cela m'inquiète un peu car sur l'autel il y a des objets de valeur. Tâchez de le questionner ! Dès le lendemain, le sacristain attendit notre visiteur et l'accosta : Dites donc l'ami, qu'est-ce qui vous prend de venir ainsi dans l'église ? -Je viens prier dit calmement le vieillard.- Allons donc ! Vous ne restez pas assez longtemps pour cela. Vous ne faites qu'aller jusqu'à l'autel et vous repartez. Qu'est-ce que cela signifie ?- C'est exact répondit le pauvre homme. Moi je ne sais pas faire de longues prières ; pourtant je viens chaque jour à midi et je lui dis tout simplement : Jésus..c'est Simon. C'est une petite prière mais je sais qu'Il m'entend. Peu de temps après le vieux Simon fut renversé par un camion et soigné à l'hôpital. Vous avez l'air toujours heureux malgré vos malheurs, lui dit un jour une infirmière. Comment ne le serais-je pas ? C'est grâce à mon visiteur. - Votre visiteur !! reprit l'infirmière avec surprise. Je n'en vois guère. Et quand donc vient-il ? - Tous les jours à midi, il se tient là au pied de mon lit et il me dit : Simon ...C'est Jésus !...
Superbe histoire d'une grande pureté de cœur. Il y a aussi la prière qui a le pouvoir de satisfaire un désir pressant sans pour cela nuire à autrui !
Dans le jargon intellectuel le mot culot semble plus proche que du mot prière. Dans le sens où il amène l’acteur à oser entreprendre une action volontaire afin de réaliser une demande ou un souhait urgent. À ce propos, Jésus Le Vivant raconte une petite histoire qui offre une belle réflexion sur le sujet. La voici.
C’est l’histoire d’un homme qui reçoit quelques amis chez lui en pleine nuit. Comme la faim les tiraillait suite à un long voyage à pieds et qu’il n’avait pas grand chose à leur offrir, il couru à la boulangerie du village pour acheter du pain. À cette heure-ci, le boulanger dormait. Alors notre bonhomme frappa longuement à la porte jusqu'à ce que le boulanger finisse par ouvrir les volets de sa chambre. L'homme demanda du pain même rassis pour le dépanner mais le mitron refusa fermement. Celui-ci prétexta pas très content, que ce n’était pas le moment de le déranger et qu’il revienne tôt dans la matinée, puis il referma vigoureusement les volets. Entreprenant et voulant satisfaire le besoin pressant de ses bons amis, notre hôte frappa fortement la porte de la boulangerie en insistant sur la faim de ses compagnons. À force et voulant continuer son repos, le boulanger céda au désir de notre quémandeur qui reçu alors pleine satisfaction. Il repartit chez lui les bras chargés de bons pains à offrir à ses convives.
Oui, je connais cette histoire. Elle est riche de significations.
C'est sûr ! Cette histoire nous dévoile que c’est en insistant avec confiance et même avec un certain culot que nous obtenons vraiment ce que nous voulons. Qu’une volonté personnelle dotée d’une foi vivante et d'une détermination à toute épreuve devient une vraie prière quand celle-ci n’est pas égoïste. Cette prière est acte juste à travers soi pour autrui. C’est l’intention accordée à la prière qui modifie tout son sens. Si la prière est purement égoïste, cela n’empêche pas l’obtention de quoi que ce soit. Seulement la frustration d’insatisfaction lui tient toujours le pas si elle ne se réalise pas comme souhaitée. Tandis que la prière digne de ce qualificatif est aussi une action concrète qui obtient de très bons résultats. À la différence, étant dépourvue d’intérêt égoïste, elle retire en soi la frustration, la confusion et la déception. La prière d’un Etre Libéré des attaches du monde ne demande jamais rien pour lui-même vu qu'il n'a plus de besoin.
Oui, c'est clair. Comment se fait-il que de nos jours, il y a un nombre incalculable d’êtres humains qui ont le besoin incessant de prier comme nous le voyons assez régulièrement dans les églises, les mosquées, les temples, les manifestations religieuses, les mouvements plus ou moins sectaires, etc ?
L’homme mondain est complètement perdu dans le devenir, le désir, la peur et l'espérance. Il recherche en ce monde objectivé la sécurité, la réussite et l’obtention. Il vit dans la croyance et la promesse de jours meilleurs qui ne viendront jamais selon son idée caduque. Son manque de réalisme lui fait constamment oublier le Pourquoi de sa Venue sur Terre. Il est alors projeté dans toutes sortes d'imaginations futiles qui le détournent de son Dessein Lumineux. Il préserve la peur de se sentir abandonné, perdu, rejeté, banni, isolé, évincé, exilé. Par ce biais, il s'accroche éperdument à des voies tracées rigides, structurées, bornées, sécurisantes, idolâtres mais surtout trompeuses. Ces voies décadentes sont conçues par ses prédécesseurs tout aussi ignorants, crédules et peureux qu’il le devient en les suivant aveuglément comme dit tout à l'heure. En ce monde perverti par la pensée désordonnée, il semble plus facile de suivre une certaine dictature dogmatique, idolâtre et sécuritaire que la Sienne propre. Ceci quel que soit le domaine proposé. Tant que le chercheur ne découvre pas la supercherie de toutes ces manigances, il gardera les yeux fermés sur sa Vraie Nature et Sa propre Responsabilité. Sa Vraie Nature n'a aucunement besoin de croire en la nécessité de suivre ces courants superficiels pollués. Si le chercheur doute de ceci et se remet en question par juste réflexion, tous ces systèmes frauduleux s'estompent définitivement d'eux-mêmes. Il reconnaît ainsi ce qui le conditionne de ce qui le libère, le faux du vrai. Ayant fait ce bon pas, Il avance à son rythme en Ce qui est. La prière devient alors sa main gauche et la raison réflexive sa main droite. Il est conscient des deux et reste toujours en Communion avec le Tout, quel que soit l'endroit, le temps, le jour et l'heure. La prière est une Communion sincère de tous les instants et partout. Celle-ci ne se limite pas à un lieu spécifique ni ne s’effectue à une heure dite selon les considérations mentales.
J'ai noté beaucoup de choses sur la prière. Je pense que nous en avons fait à peu près le tour. Maintenant la méditation !
La Méditation est la Santé mentale, la Paix de l'esprit. Elle se nourrit de Silence intérieur et d'Équilibre. Méditer est un acte volontaire au Présent aidant le méditant à garder sa vigilance sur l'instant en cours. Le méditant observe dans la neutralité tout ce qui passe devant son Œil intérieur sans se perdre de vue. Dès que le méditant s'aperçoit que tout ce qui est observé ne fait que passer, il se découvre avant ceci. Bien qu'il faut un certain temps, une bonne application et du discernement pour se découvrir en Amont de tout. Par son attention neutre, il commence à se défaire de tout ce qui n’est plus utile, les scories mentales. Les scories mentales sont toutes les résistances ou blocages venant du passé qui empêchent de vivre l’Instant Présent. Les scories mentales ne s'alimentent que de pensées désordonnées accueillies inconsciemment. Méditer copieusement dans ce sens, guide le méditant vers lui-même jusqu'à ce que Ce Lui-même en tant que personne en train de méditer disparaisse de l'écran. C'est le rôle du méditant studieux qui recherche sa Provenance Originelle. Nous en avons déjà parlé lors du précédent partage, t'en souviens-tu !
Oui. Je me souviens très bien que nous en avons parlé la dernière fois. Le méditant est le dernier obstacle à la venue naturelle de la Méditation. Méditer est un acte mental, la Méditation elle, est un état libre et paisible au-delà du mental pensant, l'ego.
Très juste. Le méditant identifié à la personne fictive est le dernier obstacle à la Version du Soi Libre. Le méditant personnalisé en quête s’évanouit de lui-même et sans effort de sa part, quand il comprend lucidement qu'il n'est qu'un tremplin nécessaire vers son Etreté Impersonnelle. Dans cet espace vide en lui, quand tout se côtoie sans le distraire ni le contraindre, il devient naturellement le Témoin neutre, équanime et conscient face à Ce qui Est. Ce méditant s’arrête alors au seuil de l’Etreté Suprême. Il ne peut aller au-delà, il a fait son temps et son pas. La Conscience l'a maintenant amenée vers Elle-même. Elle reprend les rênes pour le conduire à sa Propre Source. Le besoin de recherche n'est désormais plus utile. Le méditant et sa personnalité temporelle restent seulement au service de la Conscience Divine pour le plan relationnel et communicatif. Mais à présent la personnalité du méditant est libérée de toutes ses scories mentales. Elle est Libre de question, de recherche, d'attente, de désir ou autre, en sachant avec certitude à qui elle doit sa propre Liberté. Le méditant sait alors qu’il n'est qu'un canal ouvert de l’Energie Fluide dans cette entreprise conscientielle créée par Elle-même pour Elle-même. La Méditation est la respiration naturelle de l'Esprit libéré de l'idée d'être un quelqu'un de particulier désirant mentalement quelque chose.
Merci de ce bon rappel. Pour ce qui est de la différence entre un prieur et un méditant !
Aucune différence. Les deux sont intimement reliés dans le cœur par l’esprit ou dans l’esprit par le cœur. Le prieur suit la Volonté de Dieu par une foi vivante extériorisée et dans une acceptation totale de sa vie dans l’oubli de soi. Le méditant suit la volonté de Dieu sans la nommer ainsi pour autant. Il cherche sa pleine reconnaissance divine par la compréhension intuitive, le discernement lucide et le défaire sain de ce qu'il n'est pas. C'est une auto-investigation consciente qui confirme le rappel au Soi. Ces deux anciens chercheurs se retrouvent UN quand la Connaissance de soi et la Contemplation divine révèle le centre réel du Pur JE où ils fusionnent dans le même Etat sans état. Certains nomment cet état de Paix la Vacuité, la Béatitude, le Samadhi ou la Plénitude de l'Etre selon l’approche. Ce ne sont que des mots sans grande importance. Que ta volonté soit faite et connais-toi, toi-même, se fondent inéluctablement au-delà de ces deux concepts dans la Certitude d’Etre le JE Impersonnel, le Soi qui réside avant qui ou quoi que se soit.
Le prieur comme le méditant se retrouvent tous deux aux prises avec leur mental dysfonctionnel !
Oui, le mental ne cesse de leur jouer des mauvais tours. Le premier aura besoin de patience et de confiance pour élever son âme vers le Tout Puissant avec tous les doutes que cela entraîne sur son parcours de vie. Sa Foi sera éprouvée par son désir insatiable de servir Dieu, de L’embrasser et ainsi se Re-Connaître en Lui. Le second lui, aura un grand besoin de courage, de patience, de vigilance quotidienne et de discernement lucide sur l’instant en cours. Cela lui est nécessaire pour déceler le jeu éphémère et faux de son mental égotisé afin de s’en défaire totalement. Il se reconnaîtra par la non identification à ce pouvoir influent qui conditionne l’esprit et l’empêche de vivre l’Etreté Suprême. Le prieur fervent ou le méditant studieux, finissent tous deux par ne plus savoir qui est celui qui prie ni qui est celui qui médite. Ils perdent la notion d’une personnalité fictive ou robotique en recherche. Ils sont simplement présents sur le moment en cours tout en se vivant à l’unisson, hors de la mentalisation et son mode séparatif inculqué depuis des lustres.
Exposé très clair. Autre chose. Pourquoi ceux qui découvrent une méthode, que celle-ci soit méditative, dévotionnelle et même occulte, ont toujours tendance à surestimer leur propre technique. Et pour la plupart, à finalement rejeter toutes les autres ?
À qui appartient quoi ? Le mental découvre sans cesse, c’est sa fonction. Sa dysfonction est qu’il a la fâcheuse tendance de tout s’approprier. Il défend et attaque ce qu'il croit être vrai, lui-même et sien. C’est la représentation du monde gouverné par le moi-je-mien, cet ego séparatif qui continue son dévolu malsain sur tous les êtres. Défendre une opinion, une méthode, une idée, une croyance, un concept, etc, engage obligatoirement une attaque, son opposé. Toute opinion est dualiste. Chacune d'elles comporte le Pour et le Contre d'une idée fictive enregistrée qui ne va finalement que devenir source de conflits et surtout éloignement de soi, du Soi Neutre. L’importance de la compréhension est d’apprendre à vivre Avec ou Sans. Car il n’y a vraiment rien à défendre ni à attaquer. Tout est ce qui doit être au moment juste où cela doit être. Que nous l'acceptions ou non, c'est ainsi. Une situation arrive et j’y prends part, alors je vis Avec. Si elle ne se présente pas dans mon espace vital confié, je ne peux faire que de vivre Sans. C'est l'évidence même. Si je m’implique psychologiquement dans la situation voulant l’adapter à ma propre opinion personnelle, je m’oblige à défendre ou à attaquer objectivement un autre point de vue que je n'ai pas fait mien. Ce qui engage obligatoirement une confrontation avec autrui qui réagit aussi et de même selon ses pensées, ses acquis, ses références, ses espoirs et ses croyances. Vivre Pour ou Contre c’est permettre au passé éteint et son lot de références hypothétiques de prendre part à la situation qui elle, arrive toujours au Présent. Vivre Avec ou Sans, c’est accueillir en pleine conscience le moment tel qu’il se présente naturellement. Puis pour par la suite, l'explorer le plus simplement possible avec les propres facultés inhérentes liées à sa propre nature. Tant que l’ego séparatif gouverne l'esprit des hommes, les menant par le bout du nez dans des épreuves duelles plus ou moins gratifiantes, élevant les uns tout en rabaissant les autres, ceux-ci ne peuvent goûter à la Vie unifiée, simple, libre et naturelle.
Qui dit que sa méthode est meilleure qu’une autre ? Comparer une technique à une autre implique une critique désuète, un jugement non fondé des deux techniques venant tout droit d’un mental illusionné. Rien n’est comparable selon ou d’après, tout a sa raison d’être au sens naturel du terme. L’ego qui est une confusion de l’esprit, le trouble-fête, le symbole de la séparation, de la division entre les êtres, ne peut connaître la nature réelle de la Conscience Unificatrice. Il ne peut saisir le Sens des relations mystérieuses qu’Elle entreprend pour découvrir, explorer et étendre sa Lumière pour dissiper le monde des ténèbres. Spirituellement, il n’y a pas de bonnes ni de mauvaises approches de soi-même. Les techniques offertes à l’un ne seront pas pour autant profitables à un autre. Quelle que soit l'expérience, l’expérimentation, elle n’est d’aucune valeur sans celui qui expérimente. Et finalement, ceci jusqu’à ce que l’expérimentateur disparaisse aussi de l'écran, une fois son rôle compris et accompli. Nous revenons toujours d’où l’on part. Toutes les routes empruntées pour se reconnaître partent du chercheur lui-même pour y retourner. L'idée ne quitte pas sa source dit le Christ. Alors à quoi bon comparer une route à une autre, s’y attarder et en dépendre si toutes deux ramènent l’entité à son point de départ. Qui est bien entendu le Soi UN avec la possibilité à tous de l'être naturellement et en Pleine Conscience dans cette Vie offerte temporairement.
Mais peu en reconnaissent le sens. Je reçois pleinement la nourriture que j'entends. Je reviens encore un peu à la prière. Comment prier sans intérêt personnel ?
Tout simplement en priant pour l’ensemble de la manifestation. Aller avec elle et non contre elle, ne rien séparer ni particulariser. Tout est Un en soi au-delà de l'idée ou de la pensée séparative prise en compte. La prière saine est un fluide divin très puissant qui a le pouvoir de renforcer la foi. Elle permet d’ouvrir le cœur à ce qui vient et d’aider à s’accepter les uns les autres dans nos joies comme dans nos afflictions.
Prier pour soi comme nous l’avons dit, est une supplique qui finit toujours dans l’intérêt personnel. Prier pour autrui est don de soi. Le Don et le Reçu sont UN. Ce qui élève nos esprits et nos cœurs à la la Communion saine et au partage naturel. Prier pour l’ensemble de la Manifestation représente pour moi l’Hymne de l’Unité. Ce qui laisse libre cours à la Grâce Divine non souillée par l’idée, quelle qu’elle soit.
À ce propos, j'ai reçu lors d'une de mes nombreuses marches méditatives il y a plus de trente cinq ans, une prière élévatrice qui peut se traduire en un Hommage Naturel à tout Ce qui Est UN, Parfait et Complet.
La voici.
Hymne à l'Unité
Nous, les Filles et Fils du Père de la Lumière, Enfants de la Nature Mère.
Sœurs, Frères ! Œuvrons impersonnellement sous la bannière de la Vérité.
Brisons par Compassion les chaînes de la misère et des frontières.
Nos vies offertes à la Bonté, marchons Conscients et Libérés
Sur le Chemin de Paix, les yeux ouverts à la Beauté.
Relions-nous, Aidons-nous, Aimons-nous
Avec Gratitude, Simplicité et Respect.
Dans la Joie d'être l'Hôte Divin,
Chantons d'une Même Voix
L'Hymne de l'UN
En Soi.
Je prends note de ce Bel Hymne à l'Unité. D'après ce que je reçois et saisis aujourd'hui : La prière saine est un sentiment profond du cœur envers sa propre Nature Originelle toujours là.
Oui, bon ressenti. La prière saine s’alimente de sentiments naturels qui s’offrent sans retenue en celui qui se reconnaît non séparé de Sa Source de Vie Universelle tout comme la vague se reconnaît non séparée de l'Océan. Elle réveille notre Sensibilité Innée. Elle nous invite aussi à remercier la vie dans son ensemble en nous révélant que nous sommes tous Originellement le Même en amont de la pensée comparative. La Prière et la Méditation visent le sens de l'Unité en soi en Communion Parfaite avec la Totalité Intangible.
Prier ou Méditer revient au même pour celui qui vise l'Unité Indivise
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