Notes sur le Chemin (livre suite et fin) Amano
54) Bien que nous le croyions, nous ne sommes pas les maîtres de notre destin. Depuis toujours nous sommes convaincus que nos actions sont les fruits de notre volonté, que le résultat est l’apogée de nos efforts, que notre labeur doit être récompensé. Si nous étions les maîtres de nos destinées, les meneurs de nos vies, tout ce que nous envisagerions de faire, d’avoir ou d’être, obtiendrait l’attente escomptée, le désir souhaité et tout le monde ferait de même pour aboutir en fin de compte à un modèle complètement stéréotypé, défini et bien précis. Ce serait alors la création d’un Paradis artificiel sur terre avec ses valeurs restrictives, conditionnées par l’idéation et le conformisme. La vie elle-même ne serait qu’une attraction répétitive et interminable, ayant toujours les mêmes idéologies, les mêmes buts et les mêmes connaissances. L’imprévisible et l’inconnu n’auraient plus lieu d’être, les oppositions et les contradictions non plus. Nous serions totalement mécanisés, ...